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Max HUGUET
19 août 2021
L’AEROPORT de NICE réussit à concilier écologie et développement

L’AEROPORT de NICE réussit à concilier écologie et développement

Lors de la dernière Assemblée Générale de l’ACI Europe qui regroupe l’ensemble des

gestionnaires d’aéroports européens, cet organisme a pris une initiative majeure

en dévoilant un objectif commun à tous les aéroports européens : l'initiative « Net

Zéro ».

Tous les aéroports européens entendent être totalement neutres en carbone avant

2050 et s'aligner sur le « green deal » européen actuel. C’est l'engagement ultime

si les aéroports veulent continuer à se développer, attirer des passagers et être

socialement acceptables. L'ensemble du secteur du transport aérien est donc

actuellement soumis à une course contre la montre.

Le premier enjeu clé n’est pas celui des aéroports mais celui des constructeurs

d’avions et motoristes afin de disposer des avions de ligne les plus performants

avec des consommations de carburant et une empreinte carbone réduites. Des

progrès phénoménaux ont été accomplis : ainsi le remplacement d'un B747-400

par un tout nouvel A350 sur la route Londres - Toronto a permis d'économiser

38% de carburéacteur et le même niveau en termes de Co2. De même un 737-

300 des années 90 remplacé par un A320Neo est capable d'économiser 50% de

CO2 en moins.

Le deuxième enjeu majeur concerne les compagnies aériennes qui, en investissant

dans des avions de nouvelle génération, réalisent des économies importantes en

carburant favorables à la performance financière des compagnies aériennes.

Le troisième et dernier enjeu clé est celui de l'ensemble de l'écosystème

aéroportuaire qui comprend non seulement l'infrastructure aéroportuaire mais

également toutes les entités qui travaillent ensemble autour du transport aérien

telles que les sociétés d’assistance aéroportuaire, les fournisseurs de carburant,

les commerçants, les restaurateurs, les loueurs de voiture et bien d'autres...

Actuellement, le premier engagement d'un aéroport est d'analyser son degré d’

« éco-efficacité ». Il s'agit principalement d'une double perspective avec à la fois

les infrastructures et les véhicules.

La solution pour réduire le CO² dans l’écosystème aéroportuaire se dénomme

l’Airport Carbon Accreditation. Lancé en 2009 ce programme vise la neutralité

carbone pour les infrastructures aéroportuaires. Il est divisé en plusieurs étapes.

La première étape consiste à « cartographier » l'aéroport pour comprendre

sa situation actuelle en termes d'émission de carbone.

La deuxième étape est la "réduction". Cela nécessite une maîtrise du

carbone et une progression vers une empreinte carbone réduite. L'aéroport

doit fournir la preuve de procédures efficaces de gestion du carbone, y

compris la fixation d'objectifs, et montrer qu'une réduction de l'empreinte

carbone a eu lieu en analysant les données d'émissions de carbone sur

plusieurs années consécutives.

La troisième étape est « l'optimisation ». Cette étape nécessite

l'engagement de tierces parties dans la réduction de l'empreinte carbone.

Les tierces parties comprennent les compagnies aériennes et divers

prestataires de services, par exemple, les agents d'assistance au sol, les

sociétés de restauration, le contrôle du trafic aérien et d'autres entités

travaillant sur le site d’un aéroport. Il s'agit également d'un engagement

sur les modes d'accès de surface (route, rail) avec les autorités et les

usagers.

La quatrième étape est la « neutralité » (le niveau 3+). Cette étape signifie

que l'aéroport est devenu neutre en carbone. Mais la neutralité ne signifie

pas que l'aéroport a atteint un niveau d'émissions nul. Dans la plupart des

cas, la neutralité est atteinte par un engagement de compensation qui est

une bonne solution temporaire mais pas « la solution finale ». Seuls

aujourd’hui 5 aéroports en Europe l’ont obtenu dont Nice.

NICE est donc déjà neutre en carbone.

Au-delà, La quête du NET ZERO.

Lorsqu’un aéroport déjà neutre en carbone décide d’atteindre le niveau NET

ZERO, cela signifie qu’il va falloir atteindre le niveau de CO2 le plus bas

possible, puis absorber les quelques grammes de CO2 résiduels in situ.

Il y a dix ans, l'aéroport de Nice obtenait 569gr de CO2 par passager. Grâce

à une politique très active en matière de gestion de l'énergie, il a été

possible d'obtenir des résultats tangibles et 5 ans après, notre niveau de

CO2 par passager était inférieur à 400grs. L'étape clé pour réduire

drastiquement les émissions de carbone a été de traiter avec le fournisseur

d'énergie de l’aéroport, afin d'acheter de l'énergie verte. L'aéroport de Nice

étant situé à proximité des Alpes qui regorgent de barrages, il a été possible

d'obtenir des résultats impressionnants avec 124 grs. Actuellement,

l’aéroport se situe en dessous de la barre des 100grs avec 71grs de CO2 par

passager mais le vrai défi commence maintenant.

Comment effacer ces 71grs restants ? La feuille de route montre que

l’aéroport utilise encore du gaz dans trois bâtiments pour le chauffage. Il est

donc prévu la suppression de ces chaudières et de les remplacer par des

énergies non fossiles comme les systèmes photovoltaïques.

De plus, de nombreux efforts peuvent être faits concernant les véhicules

utilisés à l'aéroport. 80% sont actuellement électriques et 100% le seront

d'ici 2022. tous les véhicules de 2022 à 2027 seront hybrides et après 2027

électriques.

A cette échéance, le niveau de carbone sera vraiment bas (environ 10 à

15grs maximum). A ce jour, aucune technologie n’existe, si ce n’est en

plantant des arbres à proximité de l'aéroport.

Et au-delà du net zéro, L'acceptation sociale et environnementale est

l'enjeu clé pour l'avenir.

Une autre action du gestionnaire aéroportuaire concerne les accès à

l’aéroport. Un aéroport constitue une interface entre l'air et la terre. Il est de

plus en plus essentiel de proposer des modes de transport alternatifs. Le

premier point est de résoudre l'accès de l'aéroport à la ville en proposant

des lignes de tramway ou de trolley mais aussi des pistes cyclables

(principalement pour les salariés). Désormais, l'aéroport est relié à deux

lignes de tramway qui relient l'aéroport au centre-ville et à la partie ouest de

la ville. Pour seulement 1€, les passagers mais aussi les salariés peuvent

atteindre l'aéroport et ainsi économiser du temps et de l'argent mais surtout

économiser du CO2. De plus, un réseau de pistes cyclables permet une

connexion en douceur avec toute la Riviera française et italienne (Euro route

cyclable n°8).

Une interface de train est également un must pour les aéroports moyens et

grands. Début 2022, l'aéroport de Nice disposera d'une gare dédiée et cela

permettra dans un premier temps de se connecter avec les services de TER

et dans un deuxième temps avec des trains longue distance vers la France et

l'Italie. Il est également important de convaincre d'autres acteurs tels que

les loueurs de voitures de proposer à leurs clients des voitures hybrides ou

électriques.

Le proche avenir semble offrir beaucoup d'opportunités.

Dès 2026, les premiers avions de transport régional électriques seront

proposés sur le marché.

En conclusion, l'industrie du transport aérien ne sait pas ce qu'est une

véritable récession. La résilience de cette industrie a montré que la reprise

pourrait prendre quelques années. Les questions environnementales sont

une préoccupation sérieuse pour l'industrie et tous les acteurs doivent en

faire une priorité absolue. Le Groupe Aéroports de la Côte d’Azur s’est

clairement engagé dans cette voie depuis maintenant plus d’une décennie et

est aujourd’hui considéré comme l’un des plus performants en Europe dans

ce domaine.

L’auteur de ce texte est Jean-François GUITARD Directeur du Développement et des affaires institutionnelles de la Société des Aéroports de la Côte d'Azur, docteur en droit aérien et diplômé HEC Paris.

Et sympathisant de l'AAAELM

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